28 février 2021

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Bemba et Katumbi sentent plutôt venir le dialogue…

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Au pays où tout le monde est spécialiste de tout – même de la Covid-19 (l’Académie française a féminisé le mot) – Prince Epenge de l’Ecidé a délibérément engagé la coalition Lamuka dans son interprétation des aspects juridiques et judiciaires de l’affaire dite Kamerhe. Quand l’a-t-il fait ? Lisez plutôt d’abord la réaction de Jean-Pierre Bemba et de Moïse Katumbi dans une mise au point – non datée – parvenue au site web  Matininfos.NET, le week-end dernier, c’est-à-dire,  entre le vendredi 5 et le dimanche 7 juin 2020, sous la signature d’Olivier Kamitatu, Directeur de cabinet et porte-parole du second.


«Nous tenons à préciser à l’opinion tant nationale qu’internationale que, conformément à la charte constitutive de Lamuka, jusqu’à ce jour, aucune déclaration officielle n’a été faite en ce sens par les 4 leaders. Ce faisant, ces différentes déclarations qui sont relayées par certains médias nationaux et internationaux, n’engagent que leurs auteurs », fait-il observer.
A quand remontent les propos de Prince Epenge ? Toutes les recherches faites sur Internet ramènent à une date : 13 avril 2020. En témoigne, ce tweet de Stanis Bujakira : « 

#RDC : ‘’M.  Vital Kamerhe est exécutant. Il agit au nom et pour le compte de M.  Félix Tshisekedi. M.  Félix Tshisekedi devrait normalement être au courant de tous les agissements de Vital Kamerhe…’’, Prince Epenge, porte-parole LAMUKA sur RFI».

Le souci premier pour tout observateur avisé est naturellement de savoir ce qu’est devenue Lamuka. Car, en avril 2019, ses leaders avaient levé l’option d’une coordination tournante d’une durée de trois mois chacune.
La première « présidence » avait été assurée par Moïse Katumbi. La deuxième (avec un léger débordement) par Jean-Pierre Bemba. Et la troisième (avec un grand débordement) par Adolphe Muzito. La quatrième revient normalement à Martin Fayulu qui, hélas !, est bloqué à l’étranger pour cause de la (?) Covid-19 depuis bientôt 6 mois.


Normalement, Moïse Katumbi devrait reprendre le flambeau en mars dernier. Vraisemblablement, le cœur n’y est pas.
Le constat à faire est qu’au moment où la visio ou la vidéoconférence devient le moyen de communication le plus utilisé pour contourner le confinement, quatre des Congolais à faire croire à tout un peuple qu’ils ont en mains le sort de tout un pays (nous) font le coup de l’impossible concertation à distance. Effectivement, Fayulu, Muzito, Bemba et Katumbi ne savent pas s’appeler pour se prononcer sur l’animation de leur plateforme. En d’autres mots, ils laissent s’opérer, eux aussi, le fameux « glissement » sans déterminer au profit de qui.
En réalité, ils ont déjà liquidé « Lamuka » dont la fin de l’existence a été consacrée le 10 janvier 2019, date de proclamation, par la Céni, des résultats de la présidentielle donnant Félix Tshisekedi vainqueur.
Pour ceux qui ont la mémoire d’éléphant, ce n’est pas au nom de Lamuka ni avec son accord que Martin Fayulu avait saisi la Cour constitutionnelle. D’ailleurs, Jean-Pierre Bemba avait déploré l’initiative personnelle de MaFa d’entreprendre cette démarche sans s’en référer à ceux qui l’avaient fait roi.
Depuis, Lamuka peine à les réunir tous au même endroit pour débattre des questions de la plateforme. Même le relais pour Bemba s’est opéré à partir de Lubumbashi par le canal d’Ève Bazaïba. Pire, Bemba n’a même pas rencontré Muzito pour lui refiler le témoin.

Mais déjà, Moïse Katumbi s’est positionné seul de l’Opposition républicaine sans se référer à ses pairs. Lamuka, en réalité, a cessé d’exister, de fonctionner. Il n’y a que Prince Epenge de l’Ecidé (parti de Martin Fayulu) et Steve Kivuata de Nouvel Elan (parti d’Adolphe Muzito) pour la maintenir en état de mort cérébrale via des déclarations intempestives faites pour la consommation populaire.


Quelle valeur accorder finalement à la prise de position de Bemba et Katumbi en désavouant Prince Epenge un mois et trois semaines après ?
En vieux routiers, sentant venir le dialogue, ils ne veulent pas prendre des positions de nature à faire cabrer à leur détriment Félix Tshisekedi, l’homme qui a la décision de la tenue ou non d’un tel rendez-vous.

Ils ne veulent pas rater le rendez-vous et surtout ne pas être du mauvais côté de la table ! De ce fait, ils désavouent Prince Epenge juste pour la forme.
En réalité, chacun est en train de plaider pour sa chapelle.

Omer Nsongo die Lema

CP/NOTABILITECD

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