13 avril 2021

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Des Députés français demandent à Emmanuel Macron de soutenir la mise en place « d’une enquête rapide, efficace et approfondie sur les menaces » qui visent Dr Mukwege

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Une bonne partie de l’opinion internationale respectueuse des droits humains, soutient le combat que mène le Dr Denis Mukwege pour prodiguer une aide médicale, économique, juridique et psychique aux victimes de viol dans l’Est de la RDC.

Très en danger depuis qu’il a dénoncé, sur twitter, le 26 juillet dernier, un nouveau massacre des civils, le Prix Nobel de la Paix 2017 peut dorénavant compter sur le soutien d’un groupe des Députés français. Ces derniers, une vingtaine, ont écrit au Président de la République Française, Emmanuel Macron, pour solliciter officiellement son implication notamment en vue de la création d’un tribunal pénal international sur les crimes commis dans la région des Grands Lacs et d’une enquête efficace sur les menaces qui visent Dr Mukwege et sa famille.

Dans leur lettre, ces députés français notent que durant des décennies, les guerres et conflits qu’a connus la région des Grands Lacs ont fait outre les crimes contre l’humanité et génocide, des victimes de viols collectifs utilisés comme arme de guerre. Ils saluent l’engagement, dans ce contexte, du gynécologue congolais, Denis Mukwege, au service des milliers des femmes ayant subis des violences sexuelles, en leur prodiguant une aide médicale, notamment la chirurgie reconstructrice dans le cas de mutilation génitale, puis progressivement économique, juridique et finalement psychique.
Ils indiquent qu’au-delà de son action médicale et sociale, Dr Denis Mukwege s’est aussi fait l’infatigable dénonciateur de ces crimes auprès de toutes les opinions publiques. Ce qui lui a valu de dizaines de prix et distinctions dont le prix Sakharov reçu en 2014 et le Prix Nobel de la Paix en 2018.
« Bien qu’il respecte une grande neutralité à l’égard des belligérants, mais parce qu’il dénonce des crimes odieux, le Docteur Mukwege est l’objet des menaces régulières et de tentatives d’assassinat », regrettent les députés français.

Dr Denis Mukwege

A titre d’exemple, ils évoquent les menaces dont il fait l’objet depuis qu’il a récemment dénoncé un nouveau massacre des civils dans la province du Sud-Kivu.

«Ainsi, le 26 juillet dernier, alors que de nouveaux massacres étaient perpétrés dans le Sud-Kivu, à la frontière entre la RDC et le Rwanda, il déclarait sur twitter que les femmes étaient une fois de plus ciblées. « Ce sont les mêmes qui continuent à tuer (…) dans la ligne droite des massacres qui frappent la RDC depuis 1996». Cette déclaration factuelle déchaînant un nouveau torrent de condamnations de la part de certains, sa famille étant une fois de plus menacée », ont-t-ils rappelé.

Devoir de mémoire et de justice

Ces élus français persistent et signent qu’ « il est intolérable qu’au nom d’une opposition des victimes, les crimes actuels ne soient pas poursuivis avec la même détermination » que celle qui a caractérisé le travail de mémoire, de justice et d’histoire après le génocide au Rwanda en 1994.
« C’est tout simplement ce que demande le Docteur Mukwege. A cet égard, il souhaite en particulier que soit exploité le rapport Mapping de l’ONU de 2010 et que soit créée une juridiction internationale pour poursuivre les auteurs des massacres commis dans l’Est de la RDC depuis 1996, des crimes souvent ignorés ou minorés dans notre pays », ont affirmé les députés français.

Ces parlementaires ont par conséquent formulé quelques recommandations au Président Macron. Il s’agit entre autres, d’accéder à la requête du Prix Nobel de la Paix 2018, de « ne plus recevoir avec le tapis rouge les dirigeants des pays qui utilisent la violence sexuelle pour accéder au pouvoir », et plutôt tracer une ligne rouge contre l’utilisation du viol comme arme; qu’il soutienne « la mise en place aussi rapidement que possible, d’une enquête efficace, rapide, approfondie et impartiale sue les menaces dont a fait l’objet le Docteur Mukwege», ce, parce que sa vie en dépend.

Soutien à la création d’un tribunal pénal international

Dans leur missive, les députés français ont demandé à Macron aussi de soutenir la création d’un tribunal pénal international pour les crimes commis dans la région des Grands Lacs depuis avant 2002 ; de proposer que la Monusco protège et soit garante de la sécurité du Docteur Mukwege et qu’il donne des instructions pour que l’ensemble des massacres qui se sont produits dans la région des Grands Lacs soient enseignés et fassent l’objet des recherches conjointement au génocide au Rwanda.
« Monsieur le Président de la République, nous ne cesserons de dénoncer le terrible génocide commis au Rwanda en 1994 contre les Tutsi. Nous savons aussi les liens actuels de la France avec le Président Paul Kagame, le rôle qu’il joue dans la région. Toutefois, aucune diplomatie réaliste ne serait permettre que le silence et finalement l’oubli ne s’abattent sur des centaines de milliers de victimes et sur les crimes qui continuent aujourd’hui même, à être perpétrés », ont conclu les Députés français.

RD44/NOTABILITECD

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