24 janvier 2021

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Destitution de Mabunda: La RDC à la croisée des chemins !

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Le pays est à un moment clé après que le président Félix Tshisekedi a marqué des points dans sa conquête des leviers du pouvoir au détriment de Joseph Kabila.

La RDC va-t-elle de nouveau s’embraser ? La question est posée tant grave est la crise politique qui a conduit à la destitution de la présidente de l’Assemblée nationale, Jeannine Mabunda, pièce maîtresse dans le dispositif de la majorité parlementaire fidèle à M. Kabila. Rien ne l’indique pour l’instant, et, pendant la crise politique, la vie a continué normalement dans la capitale Kinshasa et les autres grandes villes.

Félix Tshisekedi a gagné une manche importante

En janvier 2019, l’opposant Félix Tshisekedi est investi président de la République, mais au prix d’un accord de coalition avec son prédécesseur Joseph Kabila, qui a gardé le contrôle du Parlement. En deux ans, les tensions se sont multipliées au sein de la coalition. Les hostilités ont culminé à partir de juillet quand Félix Tshisekedi a nommé trois juges à la Cour constitutionnelle, sous les protestations de ses « partenaires ».

Thsisekedi n’est pas encore seul maître à bord mais a remporté une bataille importante jeudi dernier avec la destitution de la présidente de l’Assemblée nationale Jeannine Mabunda. Le président avait annoncé dès dimanche qu’il mettait fin à l’accord de coalition et allait chercher une nouvelle majorité d’« union sacrée » à l’Assemblée. La « déchéance » de Mme Mabunda, approuvée par une majorité de 281 députés sur 500 au total, fragilise le Premier ministre Sylvestre Ilunga, un fidèle de Joseph Kabila comme les deux tiers des quelque 65 ministres de son gouvernement. Des partisans de M. Tshisekedi attendent désormais sa démission. À garder à l’esprit : les fidèles de l’ex-président Kabila gardent la mainmise sur le Sénat. Ils gouvernent 25 des 26 provinces.

Que va et que peut faire Joseph Kabila ?

L’ex-président est arrivé ce vendredi à Kolwezi, dans son fief de la région minière du Katanga, l’un de ses premiers déplacements depuis qu’il a quitté le pouvoir. Ses partisans du Front commun pour le Congo (FCC) lui ont demandé de « livrer sa part de vérité » dans la crise actuelle. « Joseph Kabila n’est pas suicidaire », observe une voix de la société civile. Contrairement à d’autres leaders africains, l’ex-chef d’État n’a pas brigué un troisième mandat interdit par la Constitution en 2018. Les soucis ne sont peut-être pas terminés pour M. Kabila. Des voix commencent à s’élever contre les indemnités mensuelles astronomiques qu’il toucherait.

Quid de l’armée ?

Jeudi, le chef de l’État a de nouveau reçu des officiers de l’armée, qui lui ont promis de « n’exécuter que ses ordres », à en croire les services de la présidence. La semaine dernière, l’armée avait promis de rester « apolitique », d’après son porte-parole. Dès son arrivée au pouvoir, le président Tshisekedi a pris soin d’écarter des piliers de l’appareil sécuritaire fidèles à son prédécesseur.

Et la communauté internationale ?

Le secrétaire général des Nations unies a appelé « tous les acteurs politiques à résoudre leurs différends pacifiquement », en condamnant les violences lundi et mardi à l’Assemblée. Le Conseil de sécurité doit se prononcer d’ici le 20 décembre sur l’avenir de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), surtout présente dans l’est du pays pour la protection des civils. Tout en mettant en garde contre les violences, les États-Unis, la France et la Belgique ont envoyé des signaux de soutien au président Tshisekedi, qui s’est rendu dans ces trois pays depuis le début de son mandat.

Une situation délicate

Dans l’est du pays, des dizaines de groupes armés menacent la sécurité des civils. Dans les deux seules provinces du Kivu, le baromètre sécuritaire du Kivu a enregistré « 2 127 civils tués » lors des vingt premiers mois de la présidence Tshisekedi (janvier 2019-octobre 2020). Quant aux quelque 80 millions de Congolais, « 72 % vivaient avec moins de 1,9 dollar par jour », selon la Banque mondiale en 2018. Des millions de personnes, parmi lesquelles des déplacés internes, ont besoin d’une assistance humanitaire urgente, s’alarment régulièrement les ONG et les Nations unies.
Le Point /

Le pays est à un moment clé après que le président Félix Tshisekedi a marqué des points dans sa conquête des leviers du pouvoir au détriment de Joseph Kabila.

La RDC va-t-elle de nouveau s’embraser ? La question est posée tant grave est la crise politique qui a conduit à la destitution de la présidente de l’Assemblée nationale, Jeannine Mabunda, pièce maîtresse dans le dispositif de la majorité parlementaire fidèle à M. Kabila. Rien ne l’indique pour l’instant, et, pendant la crise politique, la vie a continué normalement dans la capitale Kinshasa et les autres grandes villes.

Félix Tshisekedi a gagné une manche importante

En janvier 2019, l’opposant Félix Tshisekedi est investi président de la République, mais au prix d’un accord de coalition avec son prédécesseur Joseph Kabila, qui a gardé le contrôle du Parlement. En deux ans, les tensions se sont multipliées au sein de la coalition. Les hostilités ont culminé à partir de juillet quand Félix Tshisekedi a nommé trois juges à la Cour constitutionnelle, sous les protestations de ses « partenaires ».

Thsisekedi n’est pas encore seul maître à bord mais a remporté une bataille importante jeudi dernier avec la destitution de la présidente de l’Assemblée nationale Jeannine Mabunda. Le président avait annoncé dès dimanche qu’il mettait fin à l’accord de coalition et allait chercher une nouvelle majorité d’« union sacrée » à l’Assemblée. La « déchéance » de Mme Mabunda, approuvée par une majorité de 281 députés sur 500 au total, fragilise le Premier ministre Sylvestre Ilunga, un fidèle de Joseph Kabila comme les deux tiers des quelque 65 ministres de son gouvernement. Des partisans de M. Tshisekedi attendent désormais sa démission. À garder à l’esprit : les fidèles de l’ex-président Kabila gardent la mainmise sur le Sénat. Ils gouvernent 25 des 26 provinces.

Que va et que peut faire Joseph Kabila ?

L’ex-président est arrivé ce vendredi à Kolwezi, dans son fief de la région minière du Katanga, l’un de ses premiers déplacements depuis qu’il a quitté le pouvoir. Ses partisans du Front commun pour le Congo (FCC) lui ont demandé de « livrer sa part de vérité » dans la crise actuelle. « Joseph Kabila n’est pas suicidaire », observe une voix de la société civile. Contrairement à d’autres leaders africains, l’ex-chef d’État n’a pas brigué un troisième mandat interdit par la Constitution en 2018. Les soucis ne sont peut-être pas terminés pour M. Kabila. Des voix commencent à s’élever contre les indemnités mensuelles astronomiques qu’il toucherait.

Quid de l’armée ?

Jeudi, le chef de l’État a de nouveau reçu des officiers de l’armée, qui lui ont promis de « n’exécuter que ses ordres », à en croire les services de la présidence. La semaine dernière, l’armée avait promis de rester « apolitique », d’après son porte-parole. Dès son arrivée au pouvoir, le président Tshisekedi a pris soin d’écarter des piliers de l’appareil sécuritaire fidèles à son prédécesseur.

Et la communauté internationale ?

Le secrétaire général des Nations unies a appelé « tous les acteurs politiques à résoudre leurs différends pacifiquement », en condamnant les violences lundi et mardi à l’Assemblée. Le Conseil de sécurité doit se prononcer d’ici le 20 décembre sur l’avenir de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), surtout présente dans l’est du pays pour la protection des civils. Tout en mettant en garde contre les violences, les États-Unis, la France et la Belgique ont envoyé des signaux de soutien au président Tshisekedi, qui s’est rendu dans ces trois pays depuis le début de son mandat.

Une situation délicate

Dans l’est du pays, des dizaines de groupes armés menacent la sécurité des civils. Dans les deux seules provinces du Kivu, le baromètre sécuritaire du Kivu a enregistré « 2 127 civils tués » lors des vingt premiers mois de la présidence Tshisekedi (janvier 2019-octobre 2020). Quant aux quelque 80 millions de Congolais, « 72 % vivaient avec moins de 1,9 dollar par jour », selon la Banque mondiale en 2018. Des millions de personnes, parmi lesquelles des déplacés internes, ont besoin d’une assistance humanitaire urgente, s’alarment régulièrement les ONG et les Nations unies.
Le Point /Notabilitecd

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