6 mai 2021

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En RDC, Félix Tshisekedi met la dernière main à son “Union sacrée de la Nation”

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Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a nommé ce lundi 13 avril un gouvernement entièrement à sa main, qui tourne la page de l’encombrante coalition avec son prédécesseur Joseph Kabila.

Un tout petit moins pléthorique, un peu plus féminin, plus jeune: présenté après des semaines de tractations et de marchandages, le nouvel exécutif de “l’Union sacrée de la nation” compte 56 membres dont 14 femmes, d’après l’ordonnance présidentielle lue à la télévision d’État (RTNC) par le porte-parole du président, Kasongo Mwema. L’équipe sortante alignait 66 membres.

Représentativité féminine: 27%. Moyenne d’âge: 47 ans. Nouvelle figures: 80%. Les priorités: sécurité, santé, enseignement, justice, agriculture, pêche et élevage, économie, processus électoral, infrastructure, numérique“, a résumé sur Twitter le nouveau Premier ministre nommé le 15 février, Jean-Michel Sama Lukonde.https://platform.twitter.com/embed/Tweet.html?creatorScreenName=TV5MONDE&dnt=false&embedId=twitter-widget-0&features=eyJ0ZndfZXhwZXJpbWVudHNfY29va2llX2V4cGlyYXRpb24iOnsiYnVja2V0IjoxMjA5NjAwLCJ2ZXJzaW9uIjpudWxsfSwidGZ3X2hvcml6b25fdHdlZXRfZW1iZWRfOTU1NSI6eyJidWNrZXQiOiJodGUiLCJ2ZXJzaW9uIjpudWxsfX0%3D&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1381751337193500674&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fafrique.tv5monde.com%2Finformation%2Fen-rdc-felix-tshisekedi-met-la-derniere-main-son-union-sacree-de-la-nation&sessionId=783149d342f65db70487de2f311bf29f9dce7f63&siteScreenName=TV5MONDEAfrique&theme=light&widgetsVersion=2d233ae%3A1618352735472&width=550px

Ce nouveau gouvernement tourne définitivement l’acte I du quinquennat Tshisekedi (janvier 2019 – décembre 2020), marqué par l’échec de la coalition avec Joseph Kabila.
Depuis le lancement d’une offensive politique le 6 décembre contre son ex-allié, M. Tshisekedi et ses partisans ont finalement réussi, à force de débauchages, à renverser la majorité de M. Kabila dans les deux chambres.

Des proches de Bemba et Katumbi

Des proches des anciens opposants Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba occupent des postes stratégiques. C’est le cas d’Eve Bazaïba, secrétaire générale du Mouvement de libération du Congo (MLC) de M. Bemba, qui est nommée ministre de l’Environnement avec rang de vice-Premier ministre.

Lors des prochains sommets contre le réchauffement climatique, Mme Bazaiba aura la charge de monnayer le rôle de la RDC, qui abrite une bonne moitié de la forêt du bassin du Congo.

C’est également un proche de M. Bemba membre du MLC qui prend le ministère de la Santé, Jean-Jacques Mbungani. Un poste important dans un pays traversé par de multiples épidémies (Covid-19, tuberculose, malaria, etc.

Tshisekedi ressere son emprise sur l’appareil sécuritaire


Christophe Lutundula, un partisan de M. Katumbi, a été nommé au ministère des Affaires étrangères. Christian Mwando, un autre lieutenant de l’ancien gouverneur du Katanga, a pris le ministère du Plan.

Le président resserre son emprise sur l’appareil sécuritaire: le ministre de la Défense est un général-médecin à la retraite, Gilbert Kabanda, proche du président,  et celui de l’Intérieur est Daniel Aselo Okito, secrétaire général adjoint de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti présidentiel.

Les ministères des Finances et de l’Enseignement sont également confiés aux partisans du chef de l’État.

Le parti de Vital Kamerhe, ex-directeur de cabinet du chef de l’État condamné à 20 ans de prison dans une affaire de corruption, conserve l’important ministère du Budget et celui des Affaires foncières.

Transfuges de la “Kabilie”

Des transfuges de la “Kabilie” -le nom donné aux proches de M. Kabila- sont récompensés. Leur chef de file Jean-Pierre Lihau est désigné ministre de la Fonction publique avec rang de vice-Premier ministre.

Fils de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, Félix Thisekedi a été proclamé vainqueur de la présidentielle controversée de décembre 2018.
Investi le 24 janvier 2019, l’ancien opposant a dirigé le pays jusqu’en novembre dernier en coalition avec le camp de son prédécesseur Kabila qui avait gardé la majorité à l’Assemblée nationale et au Sénat.
Le 6 décembre, le chef de l’État a mis fin à cette coalition et s’est lancé dans une conquête de tous les leviers du pouvoir sur fond de menace de la dissolution du Parlement.
Tous les proches de l’ancien président Kabila ont alors été écartés successivement de la tête des institutions politiques et judiciaires du pays. Une bonne partie de la classe politique a quitté M. Kabila pour faire allégeance à M. Tshisekedi.

Défis

Ce nouveau gouvernement doit désormais relever des défis herculéens, à la mesure du plus grand pays d’Afrique sub-saharienne, et l’un des plus instables aussi: massacres quotidiens de civils dans l’Est, lutte contre la corruption, recettes fiscales dérisoires pour des besoins immenses pour l’instant largement assumés par les “partenaires” et “bailleurs” de la RDC… Des priorités exprimées dès lundi soir par le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde à l’occasion d’une conférende de presse.

Soutenu par les Américains et l’Union européenne, M. Tshisekedi, 57 ans, a désormais les mains libres pour appliquer son programme: lutter contre la corruption et la misère qui touche les 2/3 de la population, et ramener la paix dans l’Est du pays, ensanglanté par les violences des groupes armés.

L’est du pays déstabilisé depuis près de trois décennies

La RDC est déstabilisée dans sa partie orientale depuis près de trois décennies. Une centaine de groupes armés y sont actifs, dont les Forces démocratiques alliées (ADF), groupe armée musulman d’origine ougandaise, ayant fait souche dans la région de Béni et aujourd’hui particulièrement meurtrier. 

Violences à Goma

Dix personnes ont été tuées dans des violences lundi et mardi à Goma dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), où les autorités ont interdit toute manifestation après des mouvements de colère d’habitants dénonçant les massacres de civils et l’inaction supposée des Nations unies.
Ce (mardi) matin, le bilan s’est alourdi à dix morts et 34 blessés dans les échauffourées entre un groupe porteurs d’armes à feu et blanches et les forces de l’ordre“, a déclaré à l’AFP Charly Nzanzu Kasivita, gouverneur du Nord-Kivu (Est), qui a signé un arrêté interdisant “toutes les manifestations publiques” sur l’ensemble du territoire de cette province. “Nous demandons à la population de ne pas céder à la manipulation car le gouvernement provincial est à pied d’œuvre pour rétablir la sécurité” dans ce quartier, a ajouté M. Nzanzu.

Ces violences opposent des membres des communautés Nande et Kumu qui habitent le quartier Majengo dans la partie nord de Goma. Les Kumus reprochent aux Nande d’avoir organisé des manifestations contre la mission de l’ONU en RDC (Monusco) qui ont paralysé plusieurs villes du Nord-Kivu.
Depuis le lancement des manifestations, “des dérapages ne cessent de se multiplier jusqu’à des dégâts humains et matériels d’une ampleur inquiétantes“, note le gouverneur affirmant avoir “constaté l’infiltration dans ces manifestations des sujets (hommes) armés“.Au Nord-Kivu, plusieurs villes sont paralysées par une grève générale de dix jours décrétée depuis le 5 avril par des groupes de pression et mouvements citoyens pour dénoncer l’inaction de la Monusco face aux massacres des civils dans le territoire de Beni, dans le nord-est de la province du Nord-Kivu. Le territoire de Beni est le théâtre de violences qui ont fait plus de 6.000 morts depuis 2013, selon l’Église catholique. Ces massacres sont attribuées aux combattants du groupe armé d’origine ougandaise Forces démocratiques alliées considéré comme l’un de plus violents dans l’est de la RDC.

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