1 mars 2021

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Paris : les proches de Dan Gertler visés par deux plaintes

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L’entourage de Dan Gertler doit faire face à la justice. Il est visé par deux plaintes déposées le 15 décembre 2020 au parquet de Paris, par la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique
(PPLAAF) et son président, William Bourdon. 

Victimes d’entraves à la liberté d’expression et d’association, atteintes à la vie privée et dénonciation calomnieuse, PPLAAF et William Bourdon demandent l’ouverture d’une enquête préliminaire portant  sur les actes de représailles ayant visé Global Witness,  PPLAAF ainsi que les auteurs du rapport «Des Sanctions, Mine de Rien» rendu public le 2 juillet 2020.

Il est reproché au milliardaire israélien d’user de tous les moyens pour empêcher le patron de PPLAAF de s’exprimer librement pour dissuader ses sources actuelles et prochaines et de soumettre les membres de la structure à un climat de menaces extrêmement pesant.

Quant au rapport «Des sanctions, mine de rien», il est le résultat d’une enquête conjointe approfondie menée par Global Witness et PLAAF ayant révélé la face sombre de l’empire commercial de l’homme d’affaires israélien, Dan Gertler, sanctionné par les Etats-Unis pour corruption. Le Monde et Bloomberg Haaretz ont également pris part à cette enquête.

Ci-dessous le contexte de l’affaire repris par Ouraganfm.cd.

Avant même la publication du rapport, PPLAAF et Global Witness, ainsi que certains journalistes, ont été victimes d’une véritable campagne d’intimidations qui s’est accentuée après la mise en ligne du rapport. La plainte vise les manœuvres sans précédent et d’une incroyable gravité qui ont été employées dans plusieurs pays pour empêcher les associations et les journalistes de révéler des faits portant atteinte à l’intérêt général, tout en exposant dangereusement de potentielles sources.

William Bourdon a déclaré avoir fait l’objet d’un véritable chantage diligenté par les avocats de M.Dan Gertler, notamment en faisant planer le risque de la diffusion d’un enregistrement compromettant en cas de publication du rapport.

La veille de la publication du rapport, le 1er juillet, la principale banque visée par les enquêtes, Afriland First Bank RDC a déposé une plainte contre PPLAAF et Global Witness devant le parquet de Paris. Elle faisait suite à une menace faite par Dan Gertler par l’intermédiaire de
ses avocats, notamment le cabinet londonien Carter Ruck, qui ont expressément évoqué la possibilité de déposer une telle plainte pénale le 11 juin 2020.

Cette plainte s’est accompagnée d’une campagne diffamatoire contre les deux associations et les journalistes sur les réseaux sociaux. Certains éléments diffusés sur les réseaux sont des enregistrements que M.Gertler et ses représentants avaient menacé de publier en cas de publication du rapport. Plus grave encore, la plainte du 1er juillet a été rendue publique au mépris des règles de confidentialité protégeant les lanceurs d’alerte présumés. Elle contient de
très graves accusations contre PLAAF, sans le moindre fondement.

Enfin, le 2 octobre 2020, Me Emmanuel Daoud, avocat Dan Gertler, Me Eric Moutet, avocat d’Afriland Bank RDC et Me Patrick Klugman, avocat de deux individus visés par l’enquête (MM.Elie Berroset Ruben Katsobashvili), ont annoncé avoir déposé trois plaintes avec constitution de partie civile en diffamation contre PPLAAF et Global Witness.

Ces procédures ont été vivement dénoncées par 48 organisations de protection des lanceurs d’alerte de la presse, de groupes anti-corruption de protection des droits humains.

S’agissant de Dan Gertler, il est un homme d’affaires israélien, magnat du secteur minier en République démocratique du Congo. Un proche de Joseph Kabila, président de la RDC de 2001 à 2019. En 2017, le Bureau des contrôles des avoirs étrangers du département du Trésor américain (OFAC) a émis des sanctions contre le milliardaire israélien et ses sociétés. L’OFAC lui reprochait de s’être servi de son amitié étroite avec l’ancien président congolais pour s’imposer comme intermédiaire dans la vente d’actifs miniers en RDC, obligeant ainsi certaines multinationales à passer par lui pour faire des affaires avec l’Etat congolais.

L’OFAC a estimé qu’entre 2010 et 2012 seulement, la RDC avait perdu plus de 1,36 milliards de dollars de revenus en raison de la sous-évaluation des actifs miniers vendus des sociétés offshores liées à Dan Gertler.

Le rapport des deux organisations montrait l’existence d’un système apparemment conçu pour dissimuler des versements et dépôts de dizaines de millions de dollars.

Ce système aurait permis à M.Gertler de continuer à tirer d’énormes profits des activités commerciales en République démocratique du Congo (RDC),.malgré les sanctions. L’enquête s’est en partiefondée sur des documents produits par des lanceurs d’alerte dont l’anonymat a été préservé.

15 Janvier 2021, l’administration Trump a discrètement octroyé une licence permettant à Gertler et ses sociétés d’accéder au système financier américain jusqu’au 31 janvier 2022. Cette mesure de dernière minute du gouvernement américain levant fait, pendant une année, les sanctions imposées au milliardaire israélien Dan Gertler, a attiré les critiques de membres du Congrès américain et de 30 ONG congolaises et internationales.

Charles Masudi

OURAGAN FM/NOTABILITECD

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